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26/01/2009

Brutus et Rufus ont froid

 

 

 

Brutus et Rufus sont deux pécheurs à la ligne. Ils aiment discuter à longueur de journée des petits riens de la vie... Ils collectionnent les calendriers de « Pin-up ».

 

 

 

brutus et rufus ont froid

 

 

 

- J’ai froid. Je ne sens plus mes mains.

- Moi aussi Brutus. Tiens, prends une tasse de café.

- Merci, mais j’ai envie d’une bière.

- Ce ne serait pas de refus mais je crois que ce n’est pas une bonne idée.

- Peut-être qu’une bonne idée serait d’arrêter de pêcher et d’aller au café ? De toute façon, les carpes sont gelées...

- Tu as remarqué, nous sommes les seuls dehors, les seuls à croire que tout est possible, même par moins dix...

- Quand on aime on ne compte pas !

- Vrai !

- Ah non, là, il y a une femme qui nous regarde, là, assise sur le banc. Dis, tu ne trouves pas qu’elle ressemble à la femme de décembre ?

- Si, en plus emmitouflée !

- Dis Rufus, qu’est-ce que tu penses de Barack Obama ?

- Je pense, je pense qu’il va changer le monde.

- Moi aussi.

- Il va le changer parce qu’il est différent des autres. Il a de la classe, la vraie. Il a la sincérité. C’est un grand. Son père n’était pas servi dans les restaurants, tu te rends compte ! Et maintenant, il habite la maison blanche, qui a été construite en partie par des esclaves... J’aime ce qu’il dégage. Il n’a pas la grosse tête alors qu’il est l’homme le plus puissant du monde.

- Dis, c’est le p’tit nerveux qui doit en prendre pour son grade, non ?

- Rien à voir ! Sarkozy c’est Jo Dalton à côté de ... de ... ben, de Barack Obama !

- Oui tu as raison. Dis, tu ne trouves pas que la France est subitement devenue un tout petit pays ?

- Si, tu as raison, je ne serais pas fier d’avoir porté ce nain au pouvoir, un nain sans classe... Je vais te donner un autre exemple pour que tu comprennes bien la différence entre les deux hommes ; Obama est honnête, il n’a pas triché, il aime sa femme et ses filles et j’ai lu qu’il allait changer les habitudes à la maison blanche pour rester proche des siens, alors que Sarkozy a triché sur toute la ligne. Il a fait croire qu’il s’entendait bien avec sa femme Cécilia, parce que ça fait mauvais genre de se faire larguer pendant la campagne, il lui a dit – attends que je sois élu avant de te tirer, et puis une fois au pouvoir, hop, divorce ! et remariage quelques semaines après avec Carla Bruni...

- Ouais, et quand Carla rencontrera Obama, elle n’aura plus envie de coucher avec Jo Dalton !

- Sauf que Black Obama n’en n’aura rien à cirer ! Il aime sa femme !

- C’est un grand !

- Brutus, je crois que ton flotteur est pris dans la glace !

- Oups ... !

Brutus et Rufus ont froid

 

 

 

 

 

 

 

 

Patrick Ringal

 


 

12/11/2008

Il reviendra

 

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C’est quand qu’il revient Ringal ? Il est parti dans le Grand Nord ou quoi !

On le sentait depuis quelques mois. On voyait bien qu’il ne venait plus très souvent sur son blog, et puis là, depuis des semaines, c’est l’absence totale. Je sais, il est musicien, il est chanteur et il a son groupe, mais il pourrait tout de même nous donner des nouvelles de Brutus et Rufus et de tous les autres ... Non !

Peut-être qu’il a déposé son argent à la Fortis et qu’il a tout perdu, alors ça le rend tout chose, ça lui donne la nausée et on n’écrit pas bien quand on a la nausée !

Oui, mais quel argent ?

C’est vrai.

Non, moi je crois qu’il est allé soutenir Barak Obama...

Aaaah...

Oui, et qu’il a fait campagne pour lui aux USA. Il est allé faire du porte à porte dans toutes les villes de tous les états de l’union.

Oui, ça expliquerait son absence. Mais maintenant que Barak Obama a gagné il pourrait rentrer, tu ne crois pas ?

Si. Alors disons qu’il fait la fête, qu’il est dans l’ivresse de la victoire...

... et dans les vapeurs d’alcool !

Mais je croyais qu’il ne buvait plus !

Juste.

Obama a gagné. On ressent un immense soulagement. On sent que le monde sera plus propre et plus paisible. Les américains nous ont donné une belle leçon de démocratie...

Plus paisible, plus paisible ! Tu sais que les américains n’ont jamais acheté autant d’armes depuis la victoire de Barak. Ils se sont rués dans les armureries pour acheter des colts, des guns, des fusils d’assauts, des fois que le black au pouvoir interdise les armes !

Des fusils d’assauts ! Mais qu’est-ce qu’on peut bien faire avec un fusil d’assaut chez soi ?

Peut-être que Ringal est tombé fou amoureux des mots fléchés et qu’il passe son temps à remplir des cases ?

Non, non, faisons lui confiance. Je crois qu’il reviendra...

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Patrick Ringal

cequejevois@hotmail.com

 

 

24/09/2008

Quelle fin d'été !

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         - ... 

         - Qu’est-ce que tu dis ?

         - Je n’ai rien dit. 

         - Mais si, tu parlais de la femme de septembre !

         - Non. Mais je trouve qu’elle a beaucoup de répondant... 

         - De carburant ?

         - Non ! REPONDANT ! 

         - Ah je croyais. C’est vrai qu’elle a de beaux yeux ! J’entends plus rien depuis que j’ai des bouchons dans les oreilles. Rufus, il n’y a rien de pire sur terre que d’avoir des bouchons dans les oreilles ! J’ai été quelques jours au bord de mer et je me suis dit que ce serait bien de faire un peu d’exercices. C’est ma femme qui le voulait. Tu sais, elle ne croit pas que la pêche est un sport. Elle me disait, tu peux aller pêcher le matin, mais après on passe la journée ensemble. Elle me disait, je veux bien que tu reprennes des frites et quelques bières, mais alors tu fais du sport. Je ne veux pas que tu finisses comme Depardieu ! Je veux bien avoir son argent, que j’ai répondu, mais bon, pour lui faire plaisir je suis allé acheter un masque et des palmes. Et me voilà dans la mer. D’abord, je nage à la surface en regardant le monde merveilleux des poissons, quoi que des poissons j’en ai pas vu beaucoup, puis je décide de plonger. Et là, paf ! De l’eau dans les oreilles ! Je déteste le sport ! Je sors de l’eau et je dis à ma femme que je dois absolument me nettoyer les oreilles avant de refaire du sport. Je vais dans la chambre d’hôtel et je prends des cotons tiges. Je commence à me nettoyer le conduit. Ni une, ni deux, j’enfonce le bouchon au fond du trou ! Pareil pour l’autre oreille... J’entends plus rien. Si, j’entends mes battements de cœur, j’entends ma mâchoire grincer, je suis isolé du monde. Je suis dans vingt mille lieux sous les mers, moi qui ne suis descendu qu’à un mètre ! J’ai passé le reste des vacances a essayer de dégager mes pavillons ! Le pommeau de douche avec de l’eau brûlante, souffler comme un marsupilami en me bouchant le nez, le poirier, hurler comme tarzan, tout ... même boire de l’eau ! Rien ! Y a pas à dire mais on a besoin de tous nos sens. Quelle fin d’été ! Et toi qu’est-ce que t’as fait ?

         - Oh, j’ai regardé les ... 

         - Parle plus fort !

         - Je disais, j’ai regardé les ouragans à la télé... Toute la famille ! Papa Ike, maman Hanna, leur fils Gustav et la petite Fay. C’était bien mais un peu répétitif ! Enfin, ça fait toujours du bien d’avoir un toit et les pieds au sec quand d’autres subissent, comme disent les poètes, les caprices du temps... 

         - Caprices, caprices, moi je dirais plutôt que ça ressemble à un gros bordel, comme quand ma femme décide de faire du rangement ! Alors là je peux te dire qu’on sent le réchauffement climatique !

         - Attention, t’as une touche ! 

         - Quoi ?

         Rufus montre du doigt le bouchon qui s’enfonce sous la surface de l’étang (et non dans l’oreille de son ami) ... 

         - Oups !

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          Patrick Ringal

 

  cequejevois@hotmail.com

  

28/07/2008

Carla n'est pas la femme de juillet

         Brutus et Rufus sont deux pêcheurs à la ligne. Ils aiment discuter à longueur de journée des petits riens de la vie... Ils collectionnent les calendriers de « Pin-up » et entre deux coups, pensent au monde qui tourne parfois dans le mauvais sens.

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         - J’ai appris que madame Sarkozy avait sorti un disque ... ? 

         - Sarkozy... Sarkozy... Attends... Ah oui, très bien ! Quoi, au profit des pièces jaunes ?

         - Non, ça c’est madame Chirac. Et puis madame Chirac ne chante pas, enfin pas que je sache. 

         - Madame Chirac siffle.

         - Oui, pour appeler son mari. Donc je te disais que madame Sarkozy avait sorti un disque et que sans doute elle risquait d’être déçue. 

         - Pourquoi Rufus ?

         - Parce que son mari n’aura pas le temps de l’écouter ! 

         - Ca c’est bien vrai ! Il en fait trop. Trop de vents. Trop de bruits. Tu crois que c’est un vrai disque ? Je veux dire, le disque d’une artiste libre ?

         - Explique... 

         - Et bien les hommes du président ont surveillé les choses. Je suis certain, comme le rat d’hiver est certain que Dieu existe, que madame Sarkozy n’était pas libre d’écrire tout ce qu’elle voulait. Si elle avait voulu écrire une chanson avec de belles paroles pour le p’tit nerveux, des paroles comme :

         « T’es trop petit 

           T’es pas gentil

           Tu pues du bec 

           Mais t’es mon mec

          Je t’aime quand même ! » 

         Tu crois que l’Elisée aurait permis ça ?

         - Jamais ! 

         - C’est ce que je dis, ce n’est plus une artiste libre, c’est une artiste du pouvoir. Elle aime le pouvoir. Faut aimer le pouvoir pour épouser des talonnettes.

         - Tu crois qu’il les garde pour se laver les dents ? 

         - Non, je crois qu’il a des pantoufles avec des talonnettes !

         - Je trouve que madame Sarkozy a les traits tirés en ce moment. 

         - Ce n’est pas comme la femme du mois de juillet...

         - Ce qu’elle est belle ! 

         - Attention, t’as une touche !

         - Oups !

           Patrick Ringal 

   cequejevois@hotmail.com

  

17/06/2008

Brutus à la mer

 

   Brutus et Rufus sont deux pêcheurs à la ligne. Ils aiment discuter à longueur de journée des petits riens de la vie... Ils collectionnent les calendriers de « Pin-up » et entre deux coups, pensent au monde qui tourne parfois dans le mauvais sens

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         - Mais alors Brutus ! Où t’étais ? T’as été voir la Pin-up de juin ou quoi ! Ca fait cinq jours que t’as disparu ! 

         - J’ai été pêcher.

         - Mais où ? Tu aurais pu me prévenir... 

         - Je ne pouvais pas, ma femme était avec moi. Oh, c’est pas qu’elle ne t’aime pas, mais elle voulait qu’on passe un moment à deux, ça ne nous arrive pas souvent.

         - Ouais. 

         - Tiens-toi bien, accroche-toi à ta canne, j’ai été pêcher en mer...

         - Oups ! 

         - Enfin non, pas en mer mais au bord de mer.

         - Et quoi, les étangs d’Ixelles ne te plaisent plus ? (Rufus avait quelques sanglots dans la voix) 

         - Mais non ! Ma femme voulait découvrir autre chose que des journées à la maison. Elle en avait en peu marre que je parte pêcher tous les jours pendant qu’elle s’occupait du ménage. Tu sais bien que je lui ai demandé mille fois de venir avec moi, mais ma femme (tu la connais) n’aime pas s’asseoir au bord de l’étang et d’attendre – c’est elle qui le dit - comme une grosse morue qu’un appât passe ! Elle n’aime pas la pêche, alors il fallait bien que je lui donne ces quelques jours.

         - Mais tu as tout de même pêcher ? 

         - Ben oui, et c’est ça qui est fou, ma femme aimait me voir pêcher au bord de mer ! Elle disait que ça me rajeunissait, que j’avais tout compte fait un beau corps !

         - Dis-donc ! Peut-être que je devrais aussi aller au bord de mer ! Tu sais que ma femme trouve que je ressemble à une grosse patate chaude, trop chaude, quand j’attends la touche... Tu me fais rêver Brutus ! 

         - Et je vais encore te faire rêver. Ma femme a aussi pêché...

         - Oups ! 

         - Oui mon ami, elle a pêché et elle était heureuse. Elle disait tout le temps que le mystère des fonds marins la troublait. Elle disait : dire que je ne sais pas ce qu’il y a là devant moi. Je ne vois que de l’eau qui s’agite, qui bouillonne, qui arrive par vague et qu’en dessous il y a du poisson bon à manger, contrairement à la carpe.

         - Tu aimes encore la carte, heu la carpe Brufus, heu Brutus ? (Rufus était visiblement troublé.) 

         - Mais oui mon ami !

         (Les deux amis se sont pris dans les bras, oubliant pour un cours instant leurs cannes qui filaient fièrement vers le milieu de l’étang.)

         Brutus se disait que la vie était belle et qu’il suffisait de peu pour la rendre plus belle encore. Quelques fois, il vous suffit de prendre un autre chemin et le cœur se remet à battre comme au premier jour.

 

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           Patrick Ringal

 

   cequejevois@hotmail.com

 

 

10/04/2008

Brutus et la flamme

  Brutus et Rufus sont deux pêcheurs à la ligne. Ils aiment discuter à longueur de journée des petits riens de la vie... Ils collectionnent les calendriers de « Pin-up » et entre deux coups, pensent au monde qui tourne parfois dans le mauvais sens

 

 

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         - Tu comprends quelque chose toi à la flamme ? 

         - Comment ?

         - Elle fulmine non ? 

         - Mais quelle flamme ?

         - Ben, la flamme aux cinq menottes.

         - Explique-toi.

         - La flamme des jeux, la flamme de l’olympe, la flamme Chinoise. 

         - Ah ! Mais Brutus, ce n’est pas la flamme des Chinois !

         - C’est la flamme de qui alors ? 

         - C’est la flamme du monde, la flamme des sportifs, la flamme des athlètes. Un symbole.

         - Le symbole des hommes de la terre libre ? 

         - Je ne connais pas la réponse.

         - Les sportifs savent que la Chine interdit la liberté. 

         - Oui Brutus, les sportifs le savent, mais ils préfèrent participer aux jeux, et voir leurs exploits diffusés sur toutes les chaînes du monde plutôt que de penser aux hommes et femmes qui vont se retrouver dans les prisons, ou les bidonvilles très loin de Pékin.

         - Ce n’est pas juste ! 

         - Je sais, mais ils se sont entrainés durement pendant des mois, alors Tibet ou pas Tibet, ils veulent montrer qu’ils ont bien travaillé. Ils veulent gagner des médailles.

         - Des médailles qui ne seront pas très belles sur les cheminées. 

         - Des médailles de plomb. A ce propos, tu as assez plombé ton flotteur ?

         - Non, tu as raison, il penche. Je vais plomber ma ligne avec des médailles ! Pourquoi la flamme fulmine ? 

         - Ce n’est pas elle qui fulmine, ce sont les Chinois.

         - Ah ! Et pourquoi ils sont fâchés Rufus ? 

         - Je crois que c’est parce qu’ils croient, enfin je crois, ils croient qu’on ne respecte pas leur pays, ni les tortures qu’ils infligent, ni l’absence de droit de l’homme, et aussi que le Tibet, merde quoi, ce n’est qu’une petite communauté qui ne mérite pas qu’on s’y intéresse, alors qu’eux organisent les jeux olympiques !

         - C’est quand les jeux ? 

         - Enfin Brutus, c’est en, heu..., en août je crois.

         - Tu imagines que la femme du calendrier porte la flamme ! Je crois que personne ne voudrait empêcher qu’elle traverse les villes ! Dis, je pense à une chose ? Ce serait bien que la pêche devienne un sport olympique ! Non ? 

         - Génial ! Attention ! T’as une touche !

         - Oups !

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            Patrick Ringal

 

    cequejevois@hotmail.com

 

 

02/04/2008

Brutus et les poissons

        Brutus et Rufus sont deux pêcheurs à la ligne. Ils aiment discuter à longueur de journée des petits riens de la vie... Ils collectionnent les calendriers de « Pin-up » et entre deux coups, pensent au monde qui tourne parfois dans le mauvais sens

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         - Tu es en retard Brutus !

         - Je sais, mais je ne retrouve plus mon horloge biologique !

         - Tu as regardé dans la pharmacie ? 

         - Non, de toute façon je n’aime pas les médicaments. Ah, ce changement d’heure c’est quelque chose !

         - Moi j’adore quand on avance d’une heure, parce qu’alors il fait nuit plus tard et on peut pêcher une heure de plus. 

         - Moi aussi j’aime bien Rufus, mais je n’y comprends rien ! Comment ça se fait que si on avance les montres d’une heure on peut pêcher une heure de plus alors qu’on a perdu une heure ! Si on avance les montres, on vient de gagner une heure ? Non ?

         - Heu ... 

         - Regarde ; je suis ici, j’avance d’une heure, je suis plus loin, plus tard ... Alors pourquoi on dit que j’ai perdu une heure... ?

         - Bref ! 

         - Ouais, bref ! Tu t’imagines si on changeait d’heure le 1er avril !

         - C’est une blague ! 

         - Oui, ce serait une sacrée blague ! Les gens ne croiraient pas qu’on a changé d’heure ! Ils diraient : vous vous foutez de moi ! Avancer d’une heure ! C’est bien une blague belge ça ! Et pourquoi pas dans toute l’Europe tant qu’on y est ! Ben c’est que justement on change dans toute l’Europe, dans 27 pays !

         - Tant que ça ? 

         - Oui, tous en même temps, sauf évidemment si on le faisait le 1er avril ! Là ce serait le grand bataclan, le gros dégorgeoir aux sceptiques !

         - Tu en as de ces mots ce matin Brutus ! 

         - J’ai fait des mots fléchés avant de venir. Je n’aime pas le 1er avril. C’est le jour ou on se moque des poissons. Ils n’ont rien demandé et on va les accrocher dans le dos des gens ! Pauvres poissons ! Et si on ne pêchait pas aujourd’hui ? Tu sais, pour rendre hommage à nos amis, pour les soutenir, pour les aider à passer cette foutue journée !

         - Justement Brutus, je voulais t’en parler et je ne savais pas comment te le dire, mais j’ai décidé d’arrêter la pêche ! Je ne supporte plus de faire mal aux poissons ! 

         « Brutus se renversa en arrière et se mit à tousser, tousser comme un malheureux ; il se mit à happer l’air, happer comme un poisson qu’on jette sur le pont d’un chalutier. »

         - Oh là ! Brutus ! Reprends-toi ! C’était une blague ! Un poisson d’avril ! Allez, remets-toi ! 

         - Ne me refais plus jamais ça hein !

         - Promis. Regarde la femme du calendrier, ça te fera du bien ! 

         - Elle est belle ! Comme ma femme !

         - Oups ! T’as une touche ! 

         - C’est un poisson d’avril ?

         - Non, regarde, ton flotteur fout le camp !

 

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             Patrick Ringal

 

     cequejevois@hotmail.com

 

 

25/03/2008

L'effet papillon

     Brutus et Rufus sont deux pêcheurs à la ligne. Ils aiment discuter à longueur de journée des petits riens de la vie... Ils collectionnent les calendriers de « Pin-up » et entre deux coups, pensent au monde qui tourne parfois dans le mauvais sens

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         Il y a donc un septième continent ! (Courrier international N°907) Tout de vrai ! Tout pour de vrai ! Un continent composé de déchets qui flottent dans le pacifique, quelque part à l’est de la mer de Chine. Des milliers et des milliers de tonnes d’ordures et de plastiques qui peuvent atteindre 30 mètres d’épaisseurs ! 

         Pour de vrai !

         Ce sont des déchets qui viennent de partout dans le monde et qui sont drainés vers cet endroit à faible énergie cinétique, alors ils s’accumulent. 

         Personne ne fait attention ; cette marée de bouteilles est en dehors des routes habituelles de navigation.

         Par exemple Brutus ; je pêche le long du canal à Charleroi, je bois mon litre de soda, je cherche autour de moi : pas de poubelle, oh et puis zut ! Hop, je jette à l’eau ma bouteille en plastique... Et bien, dans quelques années, elle risque de se retrouver au septième continent. 

         Non de non ! Arrête !

         Si, si, je t’assure ! 

         Comment ma bouteille va aller jusque là-bas ? Moi aussi j’aimerais aller dans le pacifique... Pêcher le gros !

         C’est l’effet papillon mon vieux. Tu jettes ici une bouteille et pan ! elle va former un nouveau continent à des milliers de kilomètres ! 

         Ben alors ! L’effet papillon... Bien, bien... Ben alors !

         Comme tu dis... 

         Bon, imaginons (avec ou sans ton effet), si je jette un billet, il va aussi se promener le long des fleuves et dans les mers et aller former une banque quelque part ? Et ben tiens, si je jette mon flotteur, il va dériver et aller former un magasin de pêche en Patagonie ?

         Je sais, c’est difficile à croire mais c’est comme-ça. Je ne peux pas t’en dire plus. Les hommes ne se rendent pas compte que ce qu’ils font ici peut foutre le bordel là-bas ! 

         Ouais... Ouais... Et si je jette un calendrier, tu crois qu’on pourrait trouver quelque part un parc à Pinup !

         Attention, t’as une touche !

         Oups !

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            Patrick Ringal

 

 

    cequejevois@hotmail.com

 

 

24/12/2007

Brutus fait les courses

         Brutus et Rufus sont deux pêcheurs à la ligne. Ils aiment discuter à longueur de journée des petits riens de la vie... Ils collectionnent les calendriers de « Pin-up » et entre deux coups, pensent au monde qui tourne parfois dans le mauvais sens

 

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         - J’ai apporté cette photo de la femme de décembre... 

         - Tu es sûr que c’est décembre ?

         - Oui, oui, mais en Californie. 

         - Ils ont de beaux Noëls là-bas ! Tu crois qu’ils mettent des sapins ?

         - Non, je crois plutôt qu’ils mettent des palmiers... 

         - Tu as déjà été en Californie ?

         - Non, mais j’ai été faire les courses samedi ! J’étais de corvée, comme je te l’avais dit... 

         - Ah ! Et comment c’était ?

         - Comme tout le monde. C’était que j’étais comme tous ceux qui faisaient comme moi. Je n’étais plus. Il n’y avait plus de Brutus mais un maillon de la file. En fait, je n’ai pas fait des courses pour Noël, j’ai fait des files pour ce foutu réveillon ! Je ne sais même pas ce qu’on a acheté ! C’était ma femme qui décidait et moi je portais. 

         - Moi, j’ai dit à ma femme : je veux bien venir avec toi, mais je ne fais pas les files, compris !

         - C’est ce que j’aurais dû faire ! 

         - Faut pas exagérer tout de même ! C’est une règle ; je vais au café dans la galerie pendant qu’elle fait la file. Quand elle arrive à la caisse, elle me fait un appel en absence et je la rejoins. Bon, elle râle un peu, mais ça passe vite. Après toutes ces années de mariage, on se connaît.

         - Je faisais donc la file (il y avait bien encore cinquante mètres avant d’arriver aux caisses) et ma femme rapportait les cadeaux qu’elle empilait dans le chariot. Elle a la technique ! 

         - Pas mal !

         - Bon Dieu ! Tout ce qu’elle a ramené ! Des assiettes, des billets de Lotto, des ballons, des jouets pour les petits et un pour moi tout de même... 

         - Pour toi !

         - Oui Rufus, j’ai toujours aimé recevoir un jouet à Noël, n’importe lequel, pour autant qu’il ne serve à rien et qu’il me fasse oublier, misère, que je risque de recevoir une cravate de ma belle-soeur... 

         - C’est une bonne idée. Ca met de la couleur.

         - Oui, un jouet est toujours coloré ! 

         - Comme le vin ou la bière !

         - Oui da ! Allez, santé ! 

         ( Brutus et Rufus s’envoient par-dessus le collet une bonne goulée mousseuse de Jupiler.)

         - Qu’est-ce que tu vas recevoir comme jouet ? 

         - Je ne sais pas, c’est une surprise. J’espère que ce sera un chapeau de cow-boy ou une tente d’indien !

         - Oh oui, comme dans notre enfance ! 

         - A un moment, alors que ma femme revenait charger le chariot pour la douzième fois, une femme derrière-moi à dit : dites donc ! C’est pas du jeu ça ! Si, que j’ai répondu, ce sont des jeux ! Et si tout le monde faisait comme vous, qu’elle a continué, vous vous rendez compte, malotru ! Alors je lui ai répondu : vous voulez passer devant moi ?

         - Vraiment ? dit Rufus. 

         - Oui. Elle en est restée bouche bée !

         - La gentillesse ça désarme. Elle est passée devant toi ? 

         - Non. Elle a détourné la tête en rougissant.

         - La gentillesse met des couleurs partout. 

         - Ma femme est revenue peu après. Elle avait un air triomphant. Regarde ce que j’ai trouvé ! Elle tenait fièrement dans sa main un calendrier de pin-up ! Un que je n’avais pas encore, avec une femme en robe bleue en première page.

         - Magnifique ! 

         - Je l’ai embrassé. Ma femme a dit : arrête grand sot ! Je l’ai encore plus embrassé. La femme derrière nous à sourit. Comme quoi, il suffit qu’on vous fasse un petit plaisir et les files d’attentes prennent les couleurs du printemps !

         - Attention, t’as une touche !

         - Oups !

 

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           Patrick Ringal

 

   cequejevois@hotmail.com

 

 

02/12/2007

Brutus et Rufus s'interrogent

         Brutus et Rufus sont deux pécheurs à la ligne. Ils aiment discuter à longueur de journée des petits riens de la vie... Ils collectionnent les calendriers de « Pin-up ».

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         - Alors, on est en décembre... 

         - Oui.

         - C’est dimanche ? 

         - Oui.

         - Il fait froid... 

         - Oui, mais qu’est-ce que tu as aujourd’hui ?

         - Alors, dis-moi pourquoi on pêche alors qu’il fait froid, qu’on se les gèle et qu’on ferait mieux d’aller prendre une pinte chez Simone ! 

         - Ben, parce qu’on aime pêcher, c’est tout. Tu vas toujours chercher 14 heures avant midi...

         - Heu ... ? 

         - On est bien. Personne ne nous dérange. Le monde tourne sans nous. Leterme est parti par la petite porte. Tout ce foin pendant 175 jours pour rien. Nous on pêche et on sait qu’on va regarder le bouchon toute la journée. On va faire nos petites affaires. J’ai apporté la femme de décembre. Elle n’a pas l’air de trouver idiot qu’on pêche un dimanche.

         - Ma femme lui ressemblait quand elle avait 25 ans. 

         - Elle lui ressemble toujours un peu.

         - Merci Brutus ! 

         - C’est pour moi.

         - Ta femme aussi est belle. 

         - Je sais, sauf qu’elle m’énerve un peu. Elle me parle déjà du réveillon de Noël.

         - Oh mon Dieu ! Le réveillon ! Comment faire pour y échapper ? 

         - Et si on faisait une nocturne ce soir là ?

         - Non ! Je me ferai étriper, et tu sais que quand elle étripe, ça fait mal par où sa passe ! 

         - Que les femmes sont compliquées ... Elle va me parler tous les jours du réveillon... Et faudra qu’on imagine ceci, qu’on organise cela, patititi, et créer des jeux pour amuser les petits enfants, et alors ... ma belle sœur ! Je n’ai rien à lui dire.

         - Le réveillon, c’est faire semblant qu’on aime bien des gens qu’on n’aime pas. C’est faire semblant qu’on connaît bien des proches qui sont lointains et qu’on ne connaît plus ! 

         - Et les cadeaux ! Je ne sais pas quoi offrir. « Mais chéri, on va chercher ! »  Dis Rufus, je crains déjà les weekends qui viennent... Je crois que je vais être de corvée.

         - Moi aussi ! 

         - Merde ! Merci Jésus ...

         - Merci les Rois mages ! 

         - Qu’est-ce que tu vas demander à Père Noël ?

         - Un calendrier et si ceux que je ne connais plus veulent bien mettre le paquet, un nouvelle canne au coup ! 

         - Finalement, Noël n’a pas que du mauvais !

         - Attention, t’as une touche !

         - Oups !

 

 

 

 

           Patrick Ringal

 

   cequejevois@hotmail.com

 

    

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