23/05/2008
Placide et le dos de sa fiancée
Je ne suis pas rentré directement chez moi. Je me suis arrêté à quelques dizaines de mètres de l’hôpital. J’ai allumé la radio et j’ai ouvert une canette. Je me suis allumé une cigarette, j’ai un peu ouvert la vitre de mon côté.
Voilà, je pouvais souffler, et inspirer et avaler...
La radio me tenait compagnie. (Je me contrebalançais du programme qui parlait des meilleurs crus 2005, mais c’était une présence qui se foutait elle que je boive. A vrai dire, je craignais un peu la réaction de ma fiancée. J’avais vraiment dérapé hier soir au mariage de mon ami et je savais que j’aurais à le payer d’une manière ou d’une autre...)
J’ai repensé au concert. Je me disais que j’avais bien chanté (sans m’en rendre compte) et que j’avais le droit de profiter de cette sensation du travail bien fait.
Putain ! Je méritais ces bières ! Merde quoi !
Une ambulance est arrivée. Jaune canari avec des lettres et des chiffres écrits à l’envers. Elle est entrée aux urgences et, de loin, j’ai pu voir qu’on sortait une civière avec un corps dessus, ou plus exactement (mais j’avais déjà englouti deux canettes) un ensemble d’appareils, de tubes, de Baxter qui accompagnait une civière. J’ai détourné le regard. Je ne sais pas pourquoi mais ça m’a paru ressembler fichtrement à ce qui m’attendait si je n’arrêtais pas de boire !
Je suis rentré chez moi après quatre canettes (ces mauvaises copines).
Ma fiancée me tournait le dos. Elle buvait son café, assise, les jambes repliées contre elle, sur une chaise. J’ai lancé un joyeux :
- Mon amour !
Ma fiancée n’a pas bougé. Elle n’a même pas frémis.
- Tu ne me demandes pas comment ça s’est passé...
Elle a haussé les épaules.
- Et bien ça s’est très bien passé... (Par contre je sentais que le reste de la journée se passerait dans les tranchées !) J’avais une belle voix.
- Tu sens l’alcool ! C’est dégueulasse !
- J’ai juste bu une bière pour fêter ce concert, et le cachet que je ramène chez nous !
- Tu veux dire que cet argent servira à payer ta merde !
Ma fiancée mettait toujours du temps avant de pardonner.
Je crois que les proches mettent du temps avant de ne plus en accorder aux alcooliques. Vous comprenez. Ils vous aiment de nombreuses années, même puant l’alcool, vous aidant comme ils le peuvent, vous rassurant, vous pardonnant au-delà du raisonnable, vous bordant pour que vous ne dormiez pas le ventre rebondi à l’air, vous murmurant avec un amour profond : s’il te plaît, fait le pour moi...
Et puis, un jour, il est trop tard. Il n’y a plus de réserve de pardon.
Je crois qu’hier soir au mariage j’avais épuisé les dernières perles du chapelet de ma fiancée. C’était terminé. Elle ne voulait plus se remettre à prier pour que j’arrête de boire. Elle me tournait le dos et moi je me retrouvais face à moi-même pour la deuxième fois en quelques jours.
Patrick Ringal
10:20 Publié dans Placide | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Placide, Humeur, alcool, alcoolique, bière, chant, opéra
21/10/2007
Placide attend Hector
J’ai un peu mal de gorge ce matin ! Fallait s’y attendre... C’est demain que je dois chanter ma première répétition du Bach et du Telemann avec orchestre. Je n’ai pas mal au genou, non, ni au ventre, non, encore moins à un doigt, comme un pianiste, encore non, j’ai mal à la gorge, justement là où se trouve le secret de la voix. Peut-être qu’une bonne bière chaude avec un peu de thym me ferait du bien ! Mais non Placide ! Tu sais bien que tu ne bois plus... Depuis combien de temps déjà ? Ah oui, une semaine, depuis ce fameux week-end avec ta fiancée dans un petit village lointain !
Je dois dire que je n’ai pas trop pensé à l’alcool ces quelques jours ; juste toutes les trois minutes ! Le reste du temps, je pouvais penser à autre chose. C’est déjà pas mal ! Toutes les trois minutes donc, la pensée de l’arrêt de l’alcool revenait, lancinante, entêtante, comme pour me rappeler qu’il ne suffit pas d’arrêter de boire mais qu’il faut en plus ne pas recommencer...
Placide, tu n’es pas heureux ? La vie est belle sans bières ...
Oui, enfin c’est une façon de voir les choses, parce que pour l’instant ça ne m’apporte pas grand chose. Ca ne me dérangeait pas de ronfler pendant la nuit, puisque je dormais. J’étais heureux dans mon état semi-conscient et débonnaire. Je n’avais pas peur de me retrouver tout seul. Moi et mes compagnes les cannettes ont s’entendaient bien. Je n’avais pas les lendemains qui déraillaient. Seulement voilà, ma fiancée et mon fils Dylan ne m’aimaient pas quand je me prenais pour Godefroid de Bouillon tellement j’avais bu ! Ils ne me reconnaissaient plus. Ils me disaient qu’ils n’avaient pas choisi de vivre avec un porte-drapeau de l’armée Napoléonienne ou un gigolo des salles de bal pour quatrième et cinquième âge ... Tous ces personnages que je m’inventais pour fuir le réel !
Je dois bien avouer, oui, que je ne vivais plus.
Bon, c’est déjà ça, je sais que je vis.
Et ce midi (malgré mon mal de gorge) je vais être le vrai Placide avec mes futurs beaux-parents ! Et oui, c’est dimanche, et quelque fois le dimanche faut se collecter des cartons rouges. Oh c’est pas que ça m’ennuie, je les aime bien, ils sont gentils et serviables, seulement je ne bois plus et Hector mon beau-père est un gros jouisseur de bières fortes ! Il commence d’abord par quelques verres de Porto (tiens est-ce qu’on en a racheté ?), puis un p’tit dé de vodka, avant d’attaquer la Gordon jaune. Il devient tout rouge et c’est parti pour les blagues ! Banal, vous me direz ? Oui, sauf que pour rigoler aux blagues d’Hector, faut avoir bu pas mal de Gordon, jaune, rouge ou de n’importe quelle couleur !
N’y pensons pas. Il n’est que huit heures. Encore quatre heures pour m’y préparer.
Je bois du café. Je vais fumer sur la terrasse. Dylan dort toujours et ma fiancée prend sa douche. (Elle aime bien se lever tôt quand ses parents viennent chez nous, je ne sais pas pourquoi ?)
Je sais ce que je vais faire. Je vais aller me promener et marcher très vite. Bien respirer, me remplir d’énergie et de santé (pas oublier de mettre une écharpe), écarter les bras et me sentir libre ! Je ne bois plus ! Faut s’en convaincre ! Et surtout ne pas passer devant un bistrot déjà ouvert !
Patrick Ringal
10:58 Publié dans Placide | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Placide, Humeur, alcool, alcoolique, musique, chant, opéra
20/10/2007
Placide dans le grand Nord
Que je vous dise, tout va bien. Depuis quelques jours je travaille mon chant comme jamais. C’est que la peur m’habite. L’angoisse quoi. Le trac.
Je connais bien le Bach et le Telemann. Il n’y aura pas de problème. Et puis, j’ai encore deux jours avant la première répétition. Deux fois dormir. Enfin, deux fois se retourner dans le lit en chantant mentalement les arias et les récitatifs. Ma fiancée est un peu énervée, alors je lui fais plus de câlins que d’habitude. Mais ça l’énerve un tantinet parce qu’elle voudrait dormir... Bon, bon, ça va, je vais dans le divan.
Et me voilà seul dans l’obscurité et le grand vide du salon, ruminant mes arias et mes pensées. C’est fou ce qu’une pièce comme le salon est étrange la nuit. Un salon n’est pas fait pour dormir. Il doit y avoir de la lumière, du bruit, une télé qui fonctionne, je ne sais pas, des amis ou mon fils qui me parle. Mais là, tout seul, c’est comme être dans le grand Nord. D’ailleurs, j’entends des ours blancs qui chassent le phoque.
D’où je suis (dans le divan), je peux voir le bac coulissant dans lequel je mettais mes bières. Je sais qu’il y en a une. Je l’ai laissée exprès, pour me lancer un défi ; si t’arrêtes de boire, tu dois être capable de regarder une canette de bière sans trembler, non ! Que diable ! Et bien tiens, justement le diable n’est pas loin. Il est au-dessus de mon épaule et il me souffle qu’une petite bière me détendrait, qu’elle m’aiderait à dormir, qu’elle me transporterait doucement et tendrement au pays de « Bonne nuit les petits » ! Foutaise ! que je lui crie...
Le Bach et le Telemann ça va, mais le Haendel ma foi, pas trop. Oh la la ! plus que quatre semaines avant de rejoindre la Hollande et les américains !
Que je vous dise ; un oratorio comme le Messie est déjà en soi une grande œuvre, complexe, belle et qui demande de grands chanteurs. La basse par exemple, moi, a quelques airs virtuoses, et en temps normal on est bien content d’avoir la partition en main, d’être tout près du chef d’orchestre, de se tenir bien campé sur ses jambes, comme un marin à la proue du navire, et de chanter. Que chanter ! Alors qu’avec les américains, va falloir connaître par cœur, va falloir jouer, courir et tutti. Il y a de la surprise dans l’air. Je ne sais pas ce qu’ils vont me demander, mais je sais que ce ne sera pas du pipeau ! Va y avoir des vagues ! Ca je vous le dis !
Tu dois dormir Placide. La voix n’aime pas les insomnies. Elle a besoin d’être bichonnée. Bon, à demain !
Là dessus, ma fiancée vient me prendre par la main et m’emmène dans le lit. C’est tout de même mieux que de dormir dans un igloo dans le grand Nord !
Patrick Ringal
12:35 Publié dans Placide | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Placide, Humeur, alcool, alcoolique, chant, opéra, musique
09/10/2007
Placide rechute
Alors, il faut bien se l’avouer, tu as craqué Placide. Tu as cru que tu serais plus fort que le capitaine, rien à faire, t’as sauté sans gilet de sauvetage ! Je te l’avais dit ! Il ne fallait surtout pas partir en week-end avec ta fiancée ! Je t’avais prévenu. Mais tu n’as voulu en faire qu’à ta tête et c’est ton gosier qui a parlé ! Est-ce que c’était une bonne idée de vouloir fêter ta première semaine sans alcool... Tu es parti comme ça, sans bouée, au beau milieu de l’océan ! Paf !
Samedi matin ; départ pour un petit village dans les Ardennes. J’ai loué une chambre d’hôte. On ira se promener, on ira respirer le grand air et boire des cafés aux terrasses. Mon fils est chez Vadim jusqu’à lundi. Profitons du temps que nous avons à deux.
Samedi midi ; arrivée dans le lieu. La chambre est belle. Il y a même une télévision. La fenêtre de notre chambre donne sur un beau jardin et un petit étang. Je frémis d’impatience à l’idée de passer ces deux jours dans une nouvelle vie sans mes compagnes les bières. (Pour la première fois depuis ... disons, ben tiens la naissance de Dylan, je n’ai pas rempli le coffre de ma voiture avec des cartons de Jupiler !)
Samedi après-midi ; nous nous promenons. Nous visitons le village, quelques fermes, des cours d’eaux, un vieux chêne. Nous buvons effectivement des cafés à quelques terrasses en plein soleil. Que du bonheur !
Samedi avant le repas ; on se couche et ... (tirez la tenture, allez, tous le monde dehors !)
Samedi soir ; nous sommes au restaurant. Nous avons encore les yeux remplis de l’extase de l’avant repas et le corps vidé par nos élans. Ma fiancée me demande si je veux qu’elle boive de l’eau ? Non, non, ça va bien, je n’ai nullement l’intention de craquer... Ma fiancée commande un pichet de vin du patron et moi un jus quelconque (trop sucré). Nous mangeons l’entrée en parlant de tout et de rien (c’est que nous avons toujours quelque chose à nous dire).
Et puis, d’un seul coup, bien visé, en plein dans le mille, mes défenses se sont envolées ! Je me suis levé – je vais aux toilettes, et j’ai été directement au bar commander une bière. Je l’ai bue d’un trait, j’ai poussé un aaaah satisfait, j’en ai repris une deuxième, re-aaaah, et une troisième et je suis revenu à la table.
- Juste une mon amour, une pour fêter notre week-end !
Ma fiancée a baissé la tête et n’a rien dit.
En fait, nous n’avons plus rien dit.
- Je vais aux toilettes.
Retour au bar ; quatre, cinq, six à toute vitesse.
Ma fiancée a pris le volant et à ramené Placide à la chambre d’hôte. Il a ronflé comme au bon vieux temps.
Je me suis réveillé avec le ventre gonflé et l’envie de fuir loin de moi. Mais je ne pouvais pas laisser ma fiancée en plein océan.
Alors je me suis juré que je ramerais jusqu’au rivage en entraînant ma belle avec moi. Que plus jamais je ne toucherais à l’alcool ! Même pour une fois. Même si mon double me disait qu’une seule bière ce n’est rien... Tu parles !
Faut pas tout foutre en l’air. C’est maintenant ou jamais. Et n’oublie pas que tes concerts approchent.
Juré !
Patrick Ringal
09:17 Publié dans Placide | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Placide, Humeur, alcool, alcoolisme, chant, musique, opéra
27/09/2007
Placide (deuxième jour)
Je n’ai aucune envie de me lever ce matin. Je n’ai même pas envie de penser. Ma fiancée est partie travailler et mon fils est à l’école. J’ai encore la nausée de tout le café bu hier ! C’est que ça déménage dans le tourbillon de mes intestins. Et puis, bonjour les dégâts pendant la nuit... J’ai eu tout le loisir de compter et recompter les plis que faisaient les draps !
Je dois chanter.
Allez ! Un petit effort Placide !
Je me rends alors compte que je commence mon deuxième jour sans alcool ! Déjà un jour de passé ! Finalement, ça n’a pas été plus difficile que de marcher pendant cinquante kilomètres dans un paysage aride avec un gros sac sur le dos (un gros sac rempli de cannettes de bières) !
Déjà le deuxième jour ! Donc, ce soir je peux fêter ça ! Non ? Ca ne m’est pas arrivé depuis trente ans !
Non, Placide, plus un verre !
Bon... Putain... Re-cinquante kilomètres !
Neuf heures et puis dix heures passent sans que rien ne se passe.
A onze heures je décide de déchiffrer le Bach. Je me mets au piano et je commence. Les notes prennent la forme (comme dans Tintin) de bouteille de vin.
Je tremble aussi. Mais bon, il paraît que c’est normal. Dans deux ou trois cents kilomètres il n’en paraîtra plus rien. Tu parles ! En attendant, je me cramponne le ventre. Comment tu veux chanter dans ces conditions !
Je me lève et je commence à faire ma technique. La voix est encore plus dure. J’ai un peu trop forcé hier. C’est un muscle Placide, il faut le ménager, il faut y aller en douceur. Alors, je fais.
Tout doux. Un petit ronron de matou.
Le moral renvient lentement. Je m’éclaircis les idées. La respiration me fait du bien. Je me tiens bien droit (ce que je n’ai plus fait depuis des mois, prostré que j’étais sur mon pauvre sort...).
Le Bach finit par entrer. La ligne mélodique coule déjà mieux. Au bout de deux heures, je suis heureux, tellement heureux que j’ai envie de boire !
Oui, boire ! Comment être heureux sans boire ?
Je vais me recoucher et je tire les draps au-dessus de ma tête. Je ne veux plus rien savoir.
Patrick Ringal
17:05 Publié dans Placide | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Placide, Humeur, chant, opéra, alcool, musique
25/09/2007
Placide (premier jour, huit heures et un peu plus)
Je me sers mon café (avec quelques biscuits, histoire de déjeuner) et je vais fumer sur la terrasse. Un moment de grâce. La ville sent bon. Elle est calme. J’aime être seul.
- Papa ! Je peux aller chez Vadim aujourd’hui ?
- T’es déjà debout toi ! Bonjour tout de même ! Avant de parler, les êtres humains se disent bonjour, tu sais ça ?
- Ouuuui !
Il m’embrasse. Ses joues sont encore toutes chaudes. C’est vrai que je lui avais déjà fait ce sermon, mais mon fils est dans sa bulle du matin.
- Tu veux aller chez Vadim maintenant ?
- Ben, juste le temps de me laver les dents.
- Et il sera réveillé ?
- Oui, on a décidé ça hier soir.
- Hier soir ?
- Ben oui, il est passé, mais tu dormais déjà, et tu sentais fort la bière !
Voilà, si c’est pas un signe ça ! Je dois arrêter de boire.
Mais pas de chanter ! Nom de Dieu !
- Ok, va chez Vadim.
- Merci papa !
Ni une, ni deux, il disparaît. C’est beau la vie des enfants. C’est du maintenant et jamais. Du « Carpe diem » concentré.
Huit heures. J’ai déjà bu quatre tasses de café. Je me suis lavé les dents. J’ai tourné en rond dans l’appartement. J’ai été voir si ma fiancée se réveillait, mais elle était encore avec les nains de jardin qui n’apparaissent que la nuit.

Autant mettre à jour le blog. Juste les dates pour aujourd’hui. Je dois chanter.
Je prends la partition de Telemann et je commence à la déchiffrer tout doucement au piano. J’ai trois semaines, pas de panique... Mais c’est qu’il y a beaucoup de vocalises. Et en plus ça monte et ça descend comme à la foire du Midi.
Je retourne dans la chambre. Ma fiancée sourit dans son sommeil. Elle pense à moi ou elle joue avec les nains ?
Tant pis.
Deux mois que je n’ai plus chanté. Je suis pourtant un chanteur d’opéra et je ferais bien de faire de la technique. Je commence.
Je fais des gammes sur AAAAAAA. La voix est dure, endormie, comme après une beuverie (ben tiens !). Je continue. Je ne parviens pas à monter très haut, par contre je descends très bas... Courage Placide.
Je me suis entraîné pendant une heure. La voix n’était pas belle, mais elle était là. Ouf !
Ma fiancée s’est levée, chiffonnée, tellement jolie avec sa moue boudeuse mais joyeuse (Placide chante enfin !).
Il est 9h30 et ma journée est terminée...
Ce que j’ai envie de boire ! J’en ai déjà marre du café !
Patrick Ringal
15:00 Publié dans Placide | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Placide, Humeur, opéra, chant, alcool, bières, musique
24/09/2007
Placide (premier jour, sept heures)
Je m’appelle Placide et je ferais bien de chanter aujourd’hui ! J’ai de gros concerts qui arrivent à fond de train, défiant le temps. Je reporte ce moment depuis les vacances, mais maintenant, je ne peux plus reculer. Je dois chanter !
Je suis un habitué du « tout ce que tu peux faire aujourd’hui, essaye de le remettre à demain » ! Seulement voilà, demain me fait peur. Si je ne commence pas aujourd’hui, je ne serai jamais prêt pour ces concerts. Alors, il s’agit d’étudier une cantate de Bach, une de Telemann et le Messiah de Haendel. Rien que ça !
(Vous ne trouvez pas qu’ils avaient un peu tous la même tête ? Ce qui n’est pas le cas pour leur musique, je veux dire que ça se ressemble, mais pas trop !)
Bach et Telemann c’est dans trois semaines à Bruxelles (dans une église).
Le Messiah c’est dans six semaines en Hollande (Amsterdam et Utrecht) avec une troupe New-Yorkaise. Je ne vous dis pas le trac ! Des New-yorkais ! Les meilleurs quoi ! Le Messiah sera mis en scène.
(D’habitude, enfin, en général, on le joue en version concert. Peinard. Partitions en main. Bien campé sur ses jambes. Bichonné par un chef d’orchestre qui fait très attention à vous, qui vous suit avec sa baguette magique, rattrapant les retards ou les galops trop volages des vocalises. Oui, d’habitude. Mais avec les New-Yorkais ça va swinguer ! Pas question de rester planté et de cajoler son larynx. Non, non, faudra jouer, courir, ramper, monter, faire du théâtre quoi !)
Oh la la, je sens que je ferais bien de m’y mettre !
Oui, mais il n’est que sept heures du matin. Tout le monde dort. C’est dimanche et je ne peux pas réveiller les voisins, ni mon fils, ni ma fiancée !
Donc, Bach, Telemann, Haendel ; faut aussi que je continue d’écrire « Alexia », « Brutus et Rufus », « Gisèle et le curé », les humeurs ..., que je me prépare pour un rôle dans un doublage (une série anglaise de la BBC), que je mette à jour mon blog, ...
Oh la la, je sens que je ferais bien de m’y mettre !
Un petit café. Non deux. Et puis, une bonne cigarette. Je sais... mais Caruso (pas celui des Experts Miami ! que j’adore) Enrico Caruso, le ténor, fumait quarante clopes par jour, et des égyptiennes ! Et puis moi, ça me va bien la cigarette. J’aime la nicotine. J’aime la première brûlure dans les poumons.
Par contre, je dois cesser de boire. C’est aujourd’hui que je commence. Ce n’est pas trop difficile.
Notez que j’ai la tête qui ressemble à un ballon d’Anderlecht qui vient de perdre le match. Je me suis bien dopé hier soir à la Gordon jaune. Dopé au houblon que même Floyd Landis n’aurait pas pu me suivre dans les cols ! Alors, l’idée de la bière à sept heures du matin me donne envie d’arrêter de boire pour de bon. Juré ! Je ne toucherai plus jamais ! Suffit de le vouloir. D'ailleurs je crois que le Caruso des Experts ne boit pas ...
Patrick Ringal
18:40 Publié dans Placide | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Placide, Humeur, opéra, chant, caruso, experts miami, bières

















